Pour un DRH ou un responsable formation, la rentrée 2026 change la façon d’aborder la formation à l’intelligence artificielle. L’enjeu n’est plus seulement d’apprendre à utiliser un outil ou à rédiger de meilleurs prompts : il faut organiser une montée en compétences cohérente avec les usages réels, les responsabilités des collaborateurs et le cadre européen.
L’article 4 du règlement européen sur l’intelligence artificielle - l’AI Act - impose aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l’IA des personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte. La version modifiée en juillet 2026 précise qu’aucun niveau individuel déterminé de maîtrise n’est imposé. La surveillance et l’application du dispositif ont commencé au début du mois d’août 2026.
Pour les entreprises, la bonne question devient donc : quelles compétences IA faut-il développer, pour qui, et en fonction de quels usages ?
Réponse rapide
L’AI Act ne prescrit pas une formation identique pour tous les salariés ni un programme pédagogique standard. L’article 4 demande aux fournisseurs et déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures favorisant la maîtrise de l’IA des personnes concernées, en tenant notamment compte de leurs connaissances, de leur expérience et du contexte d’utilisation.
En pratique, une entreprise peut commencer par cartographier ses usages de l’IA, identifier les collaborateurs concernés, distinguer les niveaux de responsabilité puis construire des actions adaptées. Pour les projets d’entreprise liés à l’IA, le pôle Digital & Tech du groupe Eduform’Action oriente notamment vers INNOV8LEARN, qui accompagne les PME et ETI sur le cadrage, la formation et le déploiement des usages IA.
Pourquoi le sujet devient concret à la rentrée 2026
L’article 4 de l’AI Act s’applique depuis le 2 février 2025. Le cadre a cependant évolué en juillet 2026 avec le règlement européen 2026/1744 : la disposition demande désormais de prendre des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l’IA, sans imposer de garantir un niveau individuel précis.
La Commission européenne indique également que la surveillance et l’application des dispositions relatives à la maîtrise de l’IA interviennent depuis le début du mois d’août 2026. Cette évolution donne au sujet une dimension particulièrement opérationnelle pour les organisations qui préparent leurs priorités de formation de rentrée et leurs prochains plans de développement des compétences.
Eduform’Action a déjà consacré plusieurs ressources à la transformation des compétences par l’IA. Le nouvel enjeu est plus précis : passer d’une sensibilisation générale à une démarche structurée par usages, publics et responsabilités, sans réduire l’AI Act à une simple obligation de suivre un module standard.
Pour replacer cette démarche dans la politique formation globale de l’entreprise, voir également le plan de développement des compétences 2026 et la ressource consacrée à la stratégie compétences face aux transitions.
Qu’est-ce que la maîtrise de l’IA au sens de l’AI Act ?
La maîtrise de l’IA ne se résume pas à savoir faire fonctionner un assistant génératif. L’article 4 demande de prendre en compte notamment les connaissances techniques, l’expérience, l’éducation et la formation des personnes concernées ainsi que le contexte dans lequel les systèmes d’IA sont utilisés.
Cela conduit à distinguer plusieurs dimensions : comprendre ce que fait un système d’IA, identifier ses limites, utiliser l’outil dans un contexte professionnel défini et adopter un niveau de vigilance compatible avec les conséquences de son usage.
| Dimension | Question à traiter en entreprise | Exemple de compétence à développer |
|---|---|---|
| Compréhension | Que peut réellement faire l’outil ? | Distinguer capacités, limites et résultats probabilistes |
| Usage professionnel | Pour quelles tâches l’IA est-elle utilisée ? | Appliquer l’outil à des cas d’usage métier identifiés |
| Vérification | Peut-on utiliser directement la réponse ? | Contrôler la pertinence et la fiabilité d’un résultat |
| Données | Quelles informations sont saisies dans l’outil ? | Identifier les précautions liées aux données |
| Responsabilité | Qui valide le résultat ou la décision ? | Maintenir une supervision humaine adaptée |
| Gouvernance | Quelles règles internes s’appliquent ? | Connaître les usages autorisés, encadrés ou à éviter |
La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) rappelle notamment que les systèmes d’IA générative peuvent produire des résultats inexacts paraissant plausibles et que leur utilisation peut impliquer des données personnelles. Ces deux dimensions justifient à elles seules de ne pas limiter la formation à la maîtrise fonctionnelle de l’outil.
Pourquoi toutes les équipes ne doivent pas suivre exactement la même formation
Une politique de maîtrise de l’IA devient plus utile lorsque la formation correspond à l’exposition réelle des personnes.
Un collaborateur qui utilise ponctuellement un assistant pour reformuler un texte, un responsable RH qui l’emploie dans un processus métier et un manager chargé de décider des usages de son équipe n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes responsabilités.
| Public | Priorité de développement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Collaborateurs utilisateurs | Comprendre l’outil et ses règles d’usage | Éviter une utilisation automatique des résultats |
| Managers | Encadrer les usages de l’équipe | Définir les contrôles et responsabilités |
| RH / formation | Organiser la montée en compétences | Adapter les parcours aux profils et usages |
| Métiers | Intégrer l’IA dans les processus pertinents | Conserver l’expertise et le contrôle métier |
| IT / numérique | Articuler usages, outils et environnement technique | Ne pas traiter la formation isolément de la gouvernance |
| Direction | Définir les priorités et le cadre | Arbitrer entre opportunités, risques et conditions d’adoption |
Cette logique correspond à l’esprit du texte européen : le contexte d’utilisation et les caractéristiques des personnes concernées doivent être pris en compte.
Cadre réglementaire : ce que l’article 4 dit, et ce qu’il ne dit pas
L’AI Act mérite ici une lecture précise. Une interprétation trop large peut conduire à annoncer des obligations qui ne figurent pas dans le texte.
| Le cadre prévoit | Il ne faut pas en déduire |
|---|---|
| Des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l’IA | Une formation unique imposée à toutes les entreprises |
| La prise en compte des connaissances et de l’expérience | Un niveau pédagogique identique pour chaque salarié |
| La prise en compte du contexte d’utilisation | Qu’un simple module générique suffit dans toutes les situations |
| Une obligation pour les fournisseurs et déployeurs concernés | Que toute personne en France doit obtenir une certification IA |
| Un soutien attendu de la Commission et des États membres | Qu’une formation garantit à elle seule la conformité |
Le règlement 2026/1744 indique explicitement que l’obligation ne demande pas aux fournisseurs ou déployeurs de garantir un niveau déterminé de maîtrise de l’IA pour chaque personne.
Autre distinction importante : la formation ne constitue pas à elle seule une garantie de conformité à l’AI Act. Les obligations applicables à une organisation dépendent des systèmes concernés, de son rôle, des usages et des dispositions pertinentes du règlement.
Les bonnes pratiques pour construire un plan de formation IA
1. Partir des usages avant de choisir les modules
La première étape consiste à identifier où l’IA est déjà utilisée : génération de contenus, analyse, recherche, automatisation, fonctions commerciales, RH, marketing ou autres processus métiers.
Il est souvent plus utile de poser la question « qui utilise quoi, pour faire quoi ? » que de commencer par dresser une liste d’outils.
2. Distinguer acculturation et compétence opérationnelle
Une sensibilisation peut aider à comprendre les principes, les limites et les règles internes. Elle ne remplace pas nécessairement une formation métier lorsque le collaborateur doit intégrer l’IA dans un processus professionnel précis.
Cette distinction permet également de prolonger les réflexions déjà présentées dans la ressource Eduform’Action sur l’IA et la montée en compétences des salariés.
3. Intégrer la question des données
Lorsqu’un outil d’IA est utilisé avec des données personnelles ou des informations issues de l’activité de l’entreprise, la formation doit être articulée avec les règles internes et les responsabilités applicables.
La CNIL recommande aux TPE et PME d’identifier un besoin concret, de choisir la solution en fonction de ce besoin et d’évaluer notamment les risques et les conditions d’un usage responsable.
4. Former les managers comme relais
Les managers occupent une position particulière. Ils peuvent devoir arbitrer entre usages autorisés, contrôles, organisation du travail et maintien de l’expertise humaine.
Former uniquement les utilisateurs sans donner aux managers les moyens d’encadrer les usages crée donc une limite organisationnelle.
5. Prévoir une actualisation
Les outils, leurs fonctionnalités et les pratiques professionnelles évoluent rapidement. La maîtrise de l’IA doit être envisagée comme une compétence à entretenir et non comme une case définitivement cochée après une seule action.
Les erreurs fréquentes
Former tout le monde de la même façon. Une formation uniforme peut être facile à organiser, mais moins pertinente si les usages et les responsabilités diffèrent fortement.
Confondre formation à un outil et maîtrise de l’IA. Savoir utiliser une interface ou construire un prompt ne couvre pas nécessairement les limites, la vérification, les données et la gouvernance.
Présenter une formation comme une garantie de conformité. Une action de formation développe des compétences. Elle ne remplace ni l’analyse réglementaire applicable à l’organisation ni les mesures techniques et organisationnelles nécessaires.
Commencer par l’outil au lieu du besoin. La présence d’un nouvel outil ne crée pas automatiquement un besoin de formation identique pour toute l’entreprise.
Oublier les managers. Le déploiement opérationnel dépend aussi de personnes capables d’encadrer et de faire évoluer les pratiques.
La méthode Eduform’Action : relier usages, compétences et offre spécialisée
Pour un projet de formation en IA, Eduform’Action intervient comme marque groupe et point d’orientation. Le besoin relève du pôle Digital & Tech d’Eduform’Action. Au sein du groupe, l’expertise liée à l’intelligence artificielle est portée par INNOV8LEARN.
Une démarche de formation peut être structurée autour de cinq questions :
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Quels usages IA existent ou sont envisagés ?
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Quels métiers et collaborateurs sont concernés ?
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Quel niveau de maîtrise est nécessaire selon leur rôle ?
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Quelles compétences doivent être développées par la formation ?
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Comment suivre l’appropriation et ajuster le dispositif ?
Pour les responsables formation, cette approche peut être intégrée au catalogue et aux quatre pôles de formation Eduform’Action afin d’articuler l’IA avec les autres priorités de développement des compétences.
Pôle Digital & Tech, INNOV8LEARN et compétences concernées
INNOV8LEARN présente actuellement une offre dédiée à l’intelligence artificielle et accompagne les PME et ETI dans le cadrage et le déploiement de leurs usages. Son site décrit notamment des parcours construits en fonction des métiers et des outils, ainsi qu’un Dispositif IA 360° comprenant diagnostic des besoins, formation, intégration dans les processus et suivi.
Le pôle et la filiale doivent ici être clairement distingués :
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Eduform’Action : marque groupe et orientation du projet ;
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Digital & Tech : pôle d’expertise ;
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INNOV8LEARN : filiale portant les offres IA ;
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formations et accompagnements IA : dispositifs opérationnels proposés par la filiale.
Les entreprises peuvent consulter les formations IA et numériques INNOV8LEARN ou découvrir l’approche IA d’INNOV8LEARN.
La sélection du programme, du niveau et des modalités doit ensuite être faite en fonction du besoin réel de l’organisation.
Trois repères à retenir en août 2026
Le groupe Eduform’Action présenté ici est une synthèse éditoriale de sources publiques et non une enquête propriétaire.
Premier repère : l’article 4 reste bien une obligation, mais sa formulation a été ajustée en juillet 2026. L’objectif est désormais de prendre des mesures soutenant le développement de la maîtrise de l’IA, sans exiger de garantir un niveau précis à chaque individu.
Deuxième repère : la phase de surveillance et d’application a commencé au début d’août 2026, ce qui renforce l’intérêt d’intégrer le sujet aux arbitrages formation de rentrée.
Troisième repère : la maîtrise de l’IA ne peut être séparée des conditions concrètes d’utilisation. Les travaux de la Commission comme les ressources de la CNIL mettent l’accent sur le contexte, les usages, les données et les précautions associées.
Ces repères confortent une approche par cas d’usage et profils, plutôt qu’une simple diffusion uniforme d’un module générique.
Méthodologie
Cette synthèse a été élaborée à partir du règlement européen sur l’intelligence artificielle et de sa modification de juillet 2026, des informations publiées par la Commission européenne sur la maîtrise de l’IA, des ressources professionnelles de la CNIL, ainsi que des pages officielles Eduform’Action et INNOV8LEARN.
Les informations réglementaires ont été distinguées des recommandations organisationnelles. Les éléments relatifs aux offres ont été repris uniquement lorsqu’ils étaient visibles sur les sites officiels concernés.
Pour approfondir le rôle de l’IA dans la formation professionnelle, la ressource Eduform’Action consacrée à l’IA générative en formation professionnelle apporte un éclairage complémentaire.
Limites
Cet article présente des repères généraux relatifs à la formation professionnelle et à la maîtrise de l’IA. Il ne constitue pas un avis juridique ni un audit de conformité à l’AI Act.
Le périmètre des obligations dépend notamment du rôle de l’organisation, des systèmes d’IA concernés et des usages réalisés. Les textes, recommandations et dispositifs d’accompagnement peuvent également évoluer.
Une formation développe des compétences ; elle ne garantit ni la conformité réglementaire d’une organisation ni l’absence de risque dans l’utilisation d’un système d’IA.
Sources officielles
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Règlement (UE) 2026/1744 modifiant le règlement européen sur l’intelligence artificielle, notamment son article 4.
-
Commission européenne, questions-réponses relatives à la maîtrise de l’IA.
-
Commission européenne, informations sur les compétences et la maîtrise de l’IA.
-
CNIL, ressources pratiques sur l’utilisation de l’IA générative dans les TPE et PME.
-
CNIL, précautions relatives au déploiement de l’IA générative.
-
Eduform’Action, présentation des quatre pôles.
-
INNOV8LEARN, présentation officielle de l’offre et des formations IA.
FAQ
L’AI Act oblige-t-il toutes les entreprises à organiser une formation IA identique ?
Non. L’article 4 prévoit que les fournisseurs et déployeurs concernés prennent des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l’IA des personnes utilisant des systèmes d’IA pour leur compte. Le texte demande de tenir compte notamment des connaissances, de l’expérience et du contexte d’utilisation ; il n’impose pas un programme unique.
Une formation à ChatGPT suffit-elle pour répondre à l’article 4 ?
Pas nécessairement. La pertinence des mesures dépend des systèmes utilisés, des profils et du contexte. Une formation centrée sur un outil peut participer à la montée en compétences, mais les enjeux peuvent également inclure les limites des résultats, les données, la supervision et les règles internes.
Tous les collaborateurs doivent-ils avoir le même niveau de maîtrise de l’IA ?
Le règlement modifié ne fixe pas un niveau individuel unique. Il demande au contraire de prendre en compte les connaissances, l’expérience, l’éducation, la formation et le contexte d’utilisation.
Quelle filiale Eduform’Action accompagne les entreprises sur l’intelligence artificielle ?
Au sein du groupe Eduform’Action, le sujet relève du pôle Digital & Tech. Les formations et accompagnements liés à l’intelligence artificielle sont portés par INNOV8LEARN, qui s’adresse notamment aux entreprises et présente une offre de formation et d’accompagnement des usages IA.
Une formation IA garantit-elle la conformité à l’AI Act ?
Non. La formation peut contribuer au développement des compétences et à l’organisation des usages. Elle ne remplace pas l’analyse du rôle de l’organisation, des systèmes utilisés et des autres obligations éventuellement applicables.
Conclusion : transformer l’obligation de maîtrise en démarche de compétences
À la rentrée 2026, l’enjeu n’est pas d’ajouter précipitamment une formation IA générique au catalogue interne. Il est de savoir qui utilise l’IA, pour quelles tâches, avec quelles responsabilités et quelles compétences à renforcer.
C’est cette cartographie qui permet ensuite de choisir une sensibilisation, une formation métier ou un accompagnement plus structuré.
Pour construire un dispositif adapté aux usages de vos équipes, découvrez INNOV8LEARN et ses accompagnements en intelligence artificielle, filiale du pôle Digital & Tech du groupe Eduform’Action.










