Par Eduform'Action, dernière mise à jour le 11 05 2026
Orientation, insertion, accompagnement renforcé, rapprochement avec l'entreprise : le gouvernement a dévoilé le 7 mai 2026 un nouveau plan interministériel en faveur de l'emploi des jeunes. Baptisé "Emploi futur", ce programme vise à améliorer durablement l'insertion professionnelle des 15 à 24 ans, dans un contexte marqué par un ralentissement de l'emploi des jeunes et des difficultés persistantes d'accès au marché du travail.
Avec 15 mesures structurées autour de trois axes majeurs, ce plan entend répondre à ce que le ministère du Travail qualifie de "paradoxe français" : un niveau de diplôme globalement élevé, mais une insertion professionnelle plus lente que dans plusieurs pays européens, combinée à un nombre important de jeunes éloignés de l'emploi ou de la formation.
L'annonce gouvernementale intervient dans un climat de vigilance accrue sur le marché du travail des jeunes. Fin 2025, le taux de chômage des jeunes avait progressé, tandis que le gouvernement affichait un objectif ambitieux : porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40 % d'ici 2030, contre environ 34 % aujourd'hui.
Autre point d'alerte : la proportion de NEET (Not in Employment, Education or Training), c'est-à-dire des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, reste supérieure à la moyenne européenne, autour de 12,9 % selon les données mobilisées par le gouvernement.
Face à cette situation, le plan "Emploi futur" adopte une logique de prévention des ruptures de parcours, avec l'idée qu'il faut intervenir plus tôt, mieux orienter et individualiser davantage les accompagnements.
Le premier pilier du plan concerne l'orientation et l'accès à l'information. Le gouvernement part d'un constat souvent partagé par les acteurs du terrain : beaucoup de jeunes choisissent une formation sans disposer d'une vision claire des débouchés réels, des conditions d'emploi ou des besoins économiques à venir.
Parmi les mesures les plus structurantes figure la mise en place d'un "InserScore", un outil destiné à rendre plus lisibles les perspectives professionnelles associées aux formations.
Cet indicateur regroupera notamment :
L'objectif affiché est de permettre aux jeunes et à leurs familles de faire des "choix éclairés", en intégrant davantage les réalités du marché du travail dans les décisions d'orientation.
Certaines données existent déjà via ParcoursSup ou les indicateurs InserJeunes, mais le gouvernement souhaite désormais centraliser ces informations dans une logique plus lisible et plus opérationnelle.
Une application et un portail "1 Jeune des solutions" doivent également compléter l'existant afin d'offrir un point d'entrée unique pour l'information, l'orientation et l'accompagnement.
Le plan prévoit aussi de renforcer la sensibilisation aux métiers qui recrutent, notamment dans :
Cette orientation plus proactive traduit un changement de logique : il ne s'agit plus seulement d'informer sur les formations, mais d'anticiper les besoins économiques et territoriaux.
Deuxième ambition affichée par le gouvernement : réduire la distance entre les jeunes et l'entreprise.
Le diagnostic est posé et clair : le nombre de jeunes diplômé rencontrant des difficultés d'insertion est important, faute d'expérience professionnelle, de réseau ou de connaissance des codes du recrutement.
Le plan prévoit de favoriser :
Une attention particulière est portée à la sécurité au travail des jeunes, dans un contexte marqué par plusieurs accidents récents, impliquant des mineurs en stage ou en apprentissage. Cette dimension sécuritaire devient un axe explicite de la politique publique.
Le gouvernement souhaite également encourager les entreprises à mieux structurer les emplois étudiants via des démarches de valorisation ou des chartes d'engagement.
Autre mesure importante : le développement de formations courtes et professionnalisantes pour les jeunes diplômés ou décrocheurs rencontrant des difficultés d'accès au marché du travail.
Ces parcours, conçus avec France Travail, cibleraient prioritairement les secteurs confrontés à des besoins de recrutement importants. Ils pourraient également concerner les jeunes issus du BTS jusqu'au master.
L'idée est d'éviter les périodes d'inactivité prolongée après les études, souvent associées à un risque accru de décrochage professionnel.
Le troisième pan vise les publics les plus fragiles ou les plus éloignés de l'emploi.
Le gouvernement mise sur une logique d'accompagnement intensif et personnalisé, en s'appuyant sur les acteurs déjà présents dans les territoires : missions locales, France Travail, structures d'insertion, écoles de la deuxième chance et associations partenaires.
Plusieurs publics sont particulièrement concernés :
Le plan prévoit notamment :
Cette approche rejoint les principes déjà portés depuis plusieurs années par les missions locales : une approche globale de l'insertion, qui ne dissocie pas emploi, logement, santé, mobilité ou accès aux droits.
L'un des points les plus commentés concerne toutefois la question budgétaire.
Le ministère du Travail indique que la majorité des mesures pourront être déployée sans budget supplémentaire immédiat, en mobilisant ou en coordonnant davantage les dispositifs existants. Une éventuelle montée en puissance financière pourrait intervenir dans le cadre du projet de loi de finances 2027, la jeunesse étant présentée comme une priorité gouvernementale.
Cette absence de moyens nouveaux suscite déjà des interrogations parmi plusieurs observateurs du secteur de l'insertion : la coordination des acteurs suffira-t-elle à produire un changement structurel ? La question du suivi opérationnel, de l'évaluation des résultats et de la territorialisation du plan sera déterminante.
Au-delà de l'annonce publique, le plan "Emploi futur" maque une évolution notable de l'action publique : il cherche moins à créer de nouveaux dispositifs qu'à mieux articuler orientation, formation, emploi et accompagnement social.
L'enjeu dépasse le seul accès à un premier emploi : Il s'agit de sécuriser les parcours professionnels dès les premières années de vie active, en limitant les ruptures et en rapprochant plus rapidement les jeunes du monde du travail.
Reste désormais une question centrale : la promesse d'un accompagnement plus personnalisé pourra-t-elle réellement être tenue à grande échelle, fans un contexte où les acteurs de terrain eux-mêmes sont sous tension ?
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