À quelques semaines du Cybermois 2026, la question pour une entreprise n’est pas seulement de prévoir une communication sur les mots de passe ou l’hameçonnage. L’enjeu consiste à déterminer quels collaborateurs sensibiliser, sur quels risques, avec quelle profondeur et comment inscrire cette action dans une démarche durable.
Le sujet est particulièrement concret en 2026. Cybermalveillance.gouv.fr indique que, parmi les parcours d’assistance réalisés en 2025 pour les entreprises et associations, le piratage de compte représentait 21 % des cas et l’hameçonnage 16 %. [1] Parallèlement, l’ANSSI constate que la pression cyber reste élevée en France. [2]
Le Cybermois, organisé chaque année en octobre, fournit donc un point de départ utile. Mais une campagne ponctuelle ne remplace ni une formation adaptée aux responsabilités de chacun, ni les mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour sécuriser un système d’information.
Sensibilisation cybersécurité efficace
Une sensibilisation cybersécurité efficace ne consiste pas à donner le même contenu à tous les salariés une fois par an.
Elle doit commencer par les situations réellement rencontrées : messagerie, comptes professionnels, données sensibles, outils collaboratifs, travail à distance ou signalement d’un événement suspect. L’ANSSI recommande que les actions de sensibilisation et de formation soient régulières et adaptées aux utilisateurs concernés. [3]
Pour préparer le Cybermois du 1er au 31 octobre 2026, une entreprise peut donc distinguer trois niveaux :
-
sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux risques courants ;
-
former plus précisément les fonctions exposées ou décisionnaires ;
-
compléter ces actions par des dispositifs techniques, organisationnels et de gestion des incidents.
Le Cybermois 2026 est officiellement consacré à la sensibilisation aux menaces numériques et à la promotion des bons réflexes. [4]
Qu’est-ce qu’une sensibilisation à la cybersécurité ?
La sensibilisation vise d’abord à créer une compréhension commune des risques et des comportements attendus.
Elle peut prendre la forme de communications internes, ateliers, réunions, contenus courts, exercices ou rappels réguliers. L’ANSSI recommande notamment d’informer les utilisateurs dès leur arrivée dans l’organisation et de renouveler les actions en les adaptant aux profils concernés. [3]
Une formation va généralement plus loin : elle poursuit des objectifs pédagogiques structurés et développe des connaissances ou des compétences correspondant à un public déterminé.
| Dispositif | Objectif principal | Exemple de besoin |
|---|---|---|
| Sensibilisation | Faire connaître les risques et les comportements attendus | Reconnaître un message suspect et connaître le canal de signalement |
| Formation | Développer des connaissances ou compétences structurées | Comprendre les risques cyber d’une PME et préparer une réponse adaptée |
| Mesures techniques et organisationnelles | Réduire l’exposition et encadrer les usages | Gestion des accès, sauvegardes, authentification, procédures et supervision |
Ces trois leviers sont complémentaires. Présenter la sensibilisation comme une protection suffisante créerait une fausse impression de sécurité.
Pourquoi préparer le Cybermois dès septembre ?
Le Cybermois se déroule du 1er au 31 octobre 2026. La campagne française 2026, pilotée par Cybermalveillance.gouv.fr, met également à disposition des supports de communication destinés à faciliter la mobilisation des organisations. [4][5]
Préparer l’action en septembre permet surtout de ne pas commencer par le support de communication.
Une entreprise peut d’abord déterminer :
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les comportements qu’elle souhaite faire évoluer ;
-
les situations dans lesquelles ses collaborateurs sont exposés ;
-
les populations nécessitant une formation plus approfondie ;
-
les règles et procédures internes à rappeler ;
-
la manière dont un événement suspect doit être signalé.
Ce travail peut également être intégré au plan de développement des compétences 2027, afin de distinguer la communication ponctuelle des compétences à développer sur une période plus longue.
Pourquoi le risque humain reste-t-il un sujet de formation ?
Les données disponibles ne permettent pas de réduire la cybersécurité à une supposée « erreur humaine ». Les vulnérabilités techniques, les défauts de configuration, les chaînes de sous-traitance, la gestion des accès ou l’organisation de la réponse aux incidents jouent également un rôle majeur.
En revanche, les usages professionnels constituent bien une partie de la surface d’exposition.
Cybermalveillance.gouv.fr indique qu’en 2025 le piratage de comptes était le premier motif de parcours d’assistance des entreprises et associations, avec 21 %, devant l’hameçonnage à 16 %. [1] L’organisme observe par ailleurs une hausse importante des violations de données et des usages malveillants des informations exposées. [6]
Le choix pertinent n’est donc pas « humain ou technique », mais quelles compétences développer parallèlement aux mesures techniques et organisationnelles ?
Sensibilisation ou formation cyber : comment choisir ?
Le niveau d’accompagnement doit dépendre de l’exposition, du rôle professionnel et du niveau de responsabilité.
| Public | Besoin prioritaire | Approche possible |
|---|---|---|
| Ensemble des collaborateurs | Reconnaître les situations courantes et savoir les signaler | Sensibilisation récurrente |
| Nouveaux arrivants | Connaître les règles et usages numériques de l’organisation | Intégration cyber dans l’onboarding |
| Managers | Comprendre les risques liés aux pratiques de leurs équipes | Sensibilisation approfondie ou formation |
| Direction | Relier cyber, continuité d’activité, données et gouvernance | Formation adaptée aux responsabilités |
| Équipes informatiques ou cyber | Développer des compétences techniques spécifiques | Formation spécialisée |
| Fonctions manipulant des informations sensibles | Adapter les pratiques aux risques du métier | Formation ciblée et procédures métier |
Cette segmentation rejoint la recommandation de l’ANSSI d’adapter les actions aux utilisateurs ciblés. [3]
Pour approfondir la dimension décisionnelle, Eduform’Action propose déjà une ressource consacrée aux enjeux de la formation cyber pour les dirigeants.
Quel cadre réglementaire faut-il prendre en compte ?
Il faut éviter deux raccourcis : affirmer que toute entreprise française aurait une obligation uniforme de suivre une formation cyber donnée, ou considérer qu’aucun cadre réglementaire ne concerne la sécurité numérique.
Le RGPD impose notamment aux responsables de traitement et sous-traitants de mettre en œuvre des mesures techniques et organisationnelles appropriées au regard des risques. [7] Cette exigence ne définit cependant pas un programme universel de formation applicable de façon identique à toutes les organisations.
Certaines entreprises peuvent également être concernées par des réglementations sectorielles ou européennes.
Concernant NIS 2, l’ANSSI indiquait encore en 2026 que la transposition française était en cours et invitait les futures entités essentielles et importantes à anticiper leur démarche de sécurisation. Depuis le 17 mars 2026, elle met notamment à disposition le Référentiel Cyber France, ou ReCyF. [8]
Une entreprise susceptible d’entrer dans le périmètre NIS 2 doit donc vérifier sa situation auprès des sources officielles plutôt que déduire son assujettissement de son seul secteur d’activité.
Une méthode en cinq étapes pour préparer octobre 2026
1. Identifier les usages à risque
La première étape consiste à partir du travail réel.
Messagerie, outils collaboratifs, accès distants, comptes à privilèges, données clients, réseaux sociaux ou échanges avec des prestataires ne créent pas les mêmes besoins.
L’objectif n’est pas de dresser une liste exhaustive des cybermenaces, mais de rapprocher les risques des pratiques professionnelles.
2. Segmenter les publics
Un collaborateur non technique, un manager, un membre de direction et un responsable informatique n’ont pas besoin du même degré de profondeur.
Une campagne unique peut créer un socle commun. Elle doit être complétée lorsque certaines fonctions nécessitent des compétences supplémentaires.
3. Définir les comportements attendus
Une sensibilisation devient plus utile lorsqu’elle répond à des questions opérationnelles :
-
que faire lorsqu’un message semble suspect ?
-
à qui signaler un événement ?
-
quelles règles respecter concernant les comptes professionnels ?
-
quelles informations ne doivent pas être diffusées ?
-
quelles procédures appliquer lorsqu’un équipement ou un compte semble compromis ?
Ces réponses doivent rester cohérentes avec les procédures définies par l’organisation.
4. Choisir le bon niveau pédagogique
| Situation | Réponse possible | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Première acculturation | Sensibilisation générale | Éviter un contenu trop technique |
| Risque identifié dans plusieurs équipes | Ateliers ciblés | Relier le contenu aux usages réels |
| Managers ou dirigeants | Formation dédiée | Traiter les responsabilités sans transformer la formation en conseil juridique |
| PME ou ETI souhaitant structurer ses connaissances | Parcours d’initiation | Vérifier public, objectifs et prérequis |
| Équipe technique | Formation spécialisée | Vérifier le niveau préalable nécessaire |
5. Prévoir la continuité après octobre
Le principal risque du Cybermois serait d’en faire un événement isolé.
L’ANSSI recommande au contraire des actions régulières. [3] Le dispositif peut donc prévoir un rappel lors de l’onboarding, des séquences périodiques et des formations ciblées lorsque les métiers, technologies ou risques évoluent.
Le sujet peut aussi être relié au livre blanc Eduform’Action consacré aux mesures de cybersécurité en entreprise.
Les erreurs fréquentes à éviter
Faire du phishing l’unique sujet. L’hameçonnage est important, mais les organisations sont également confrontées aux piratages de comptes, violations de données, fraudes et autres incidents. [1][6]
Former tous les publics de manière identique. Une sensibilisation commune est utile, mais le contenu doit être approfondi selon les responsabilités.
Multiplier les messages sans expliquer comment agir. Savoir qu’une menace existe ne suffit pas si le collaborateur ignore comment signaler la situation.
Présenter la formation comme une mesure technique. Une action pédagogique développe des connaissances et des réflexes. Elle ne remplace ni les dispositifs de sécurité du système d’information, ni les procédures, ni les contrôles adaptés.
Utiliser la peur comme levier pédagogique. Les contenus doivent aider à reconnaître, décider et signaler. Un discours excessivement anxiogène peut nuire à l’appropriation des consignes.
Cybersécurité : relier le risque au niveau de compétence
La démarche Eduform’Action consiste à ne pas commencer par une liste de modules, mais par trois questions : qui est exposé, à quelles situations et quel niveau de compétence doit être développé ?
Le pôle Digital & Tech d’Eduform’Action rassemble notamment les expertises liées à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et aux transformations numériques.
Au sein de ce pôle, la cybersécurité est portée par INNOV8LEARN. Le référentiel interne du groupe identifie la cybersécurité comme une famille de formations prioritaire d’INNOV8LEARN, avec des besoins allant de la sensibilisation à des niveaux plus spécialisés.
Les responsables formation peuvent également utiliser le catalogue Eduform’Action pour situer ce besoin par rapport aux autres compétences du groupe.
INNOV8LEARN : une offre vérifiée pour les PME et ETI
INNOV8LEARN propose notamment la formation « Cybersécurité – Initiation », destinée aux PME et ETI.
La page officielle actuellement publiée indique un parcours en présentiel de 14 heures sur deux journées, destiné notamment aux gestionnaires, responsables informatiques et professionnels souhaitant renforcer leurs connaissances en cybersécurité. Le programme aborde les risques propres aux PME et ETI, les attaques courantes, les principes fondamentaux de sécurité et le renforcement des pratiques de sécurité. [9]
Cette formation constitue une offre d’INNOV8LEARN et non une formation directement dispensée par la marque groupe Eduform’Action.
Elle peut être pertinente lorsque le besoin dépasse une simple communication interne et nécessite une formation structurée. Les objectifs, prérequis et modalités doivent être vérifiés sur la page officielle de la formation Cybersécurité – Initiation d’INNOV8LEARN.
Les professionnels envisageant une évolution de métier peuvent, de leur côté, consulter la ressource distincte sur la reconversion professionnelle dans la cybersécurité.
Quatre repères publics pour le Cybermois 2026
Voici ci-dessous est une synthèse de données publiques, et non une enquête propriétaire.
| Indicateur public | Valeur ou situation | Lecture |
|---|---|---|
| Événements de sécurité traités par l’ANSSI en 2025 | 3 586 | La pression cyber reste élevée |
| Piratage de compte dans les parcours d’assistance entreprises/associations en 2025 | 21 % | Premier motif observé pour ce public |
| Hameçonnage dans ces parcours | 16 % | Deuxième motif observé |
| Demandes d’assistance Cybermalveillance.gouv.fr, tous publics en 2025 | 504 810 | Indicateur d’activité du dispositif, pas mesure exhaustive des cyberattaques |
| Cybermois 2026 | 1er au 31 octobre | Fenêtre nationale de sensibilisation |
Sources : ANSSI et Cybermalveillance.gouv.fr. [1][2][4][10]
Ces chiffres ne mesurent pas la totalité des attaques commises en France. Ils reflètent les événements connus de l’ANSSI ou les parcours d’assistance réalisés via le dispositif Cybermalveillance.gouv.fr.
FAQ
Quand aura lieu le Cybermois 2026 ?
Le Cybermois 2026 se déroule du 1er au 31 octobre 2026. En France, cette initiative de sensibilisation est pilotée par Cybermalveillance.gouv.fr. [4]
Quelle est la différence entre sensibilisation et formation cybersécurité ?
La sensibilisation vise principalement à faire connaître les risques et les comportements attendus. Une formation poursuit des objectifs pédagogiques plus structurés et peut développer des compétences adaptées à un métier, un niveau de responsabilité ou une situation professionnelle.
À quelle fréquence faut-il sensibiliser les salariés ?
Il n’existe pas de fréquence universelle adaptée à toutes les organisations. L’ANSSI recommande toutefois des actions régulières et adaptées aux utilisateurs, notamment dès leur arrivée dans l’entité. [3]
Une formation cybersécurité suffit-elle à protéger une entreprise ?
Non. La formation contribue à développer les connaissances et les réflexes. Elle ne remplace pas les mesures techniques, les procédures, la gestion des accès, la protection des données, la réponse aux incidents ou les autres mesures organisationnelles adaptées.
Quelle formation cybersécurité INNOV8LEARN propose-t-elle aux PME et ETI ?
INNOV8LEARN propose notamment « Cybersécurité – Initiation ». La page officielle indique actuellement une formation de 14 heures sur deux jours, destinée notamment aux professionnels des PME et ETI, gestionnaires et responsables informatiques souhaitant renforcer leurs connaissances en cybersécurité. [9]
Conclusion : utiliser le Cybermois comme point de départ, pas comme point d’arrivée
Le Cybermois 2026 offre une fenêtre utile pour remettre la cybersécurité dans les échanges de l’entreprise. Mais l’objectif ne devrait pas être de concentrer toute la sensibilisation sur octobre.
Une démarche plus solide consiste à construire un socle commun, identifier les fonctions nécessitant des compétences supplémentaires, intégrer les nouveaux arrivants et maintenir des rappels réguliers en cohérence avec les risques et les procédures de l’organisation.
Pour les PME et ETI qui souhaitent aller au-delà d’une sensibilisation ponctuelle, INNOV8LEARN propose une formation structurée d’initiation à la cybersécurité : consulter la formation Cybersécurité – Initiation.
Références APA
[1] Cybermalveillance.gouv.fr. (2026, 6 mai). Quelles sont les principales cybermalveillances visant les professionnels en 2025 ? Source officielle
[2] Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. (2026, 11 mars). Panorama de la cybermenace 2025. Source officielle
[3] Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. (2017). Guide d’hygiène informatique. Source officielle
[4] Cybermalveillance.gouv.fr. (2026, mise à jour le 1er septembre). Cybermois 2026. Source officielle
[5] Cybermalveillance.gouv.fr. (2026, mise à jour le 1er septembre). Cybermois 2026 : kit de communication. Source officielle
[6] Cybermalveillance.gouv.fr. (2026, mise à jour le 18 août). Les violations de données en 2025 : une accélération avec des conséquences très diverses. Source officielle
[7] Commission nationale de l’informatique et des libertés. (s. d.). RGPD, article 32 : Sécurité du traitement. Source officielle
[8] Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. (2026). La directive NIS 2. Source officielle
[9] INNOV8LEARN. (2026). Cybersécurité – Initiation : Initiation à la cybersécurité pour PME, prévention et réaction. Page officielle de la formation
[10] Cybermalveillance.gouv.fr. (2026). Rapport d’activité 2025. Rapport officiel










